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Mercredi 18 mai 3 18 /05 /Mai 15:40

Après "Les 10 Palmes d'or les plus méritées", il fallait bien que je m'occupe du revers de la médaille. Tous les palmarès contiennent leur lot de gadins, et le Festival de Cannes est loin d'être le plus avare dans ce domaine.

Tout d'abord petite précision, les frères Dardenne ont reçu la Palme deux fois et s'ils n'apparaîssent pas ci-dessous c'est uniquement je pense parce que je n'ai pas vu les deux films. Mais ayant visionné dernièrement "Le Silence de Lorna", ils m'ont donné l'impression d'être des types qui filme la misère humaine pour donner bonne conscience aux bobos et aux publics des festivals. Comme cela en regardant leurs films pendant une heure et demie, ces spectateurs croient qu'ils ont fait leur "BA".

 

J'aurais pu citer aussi "L'Homme de fer" (1981) d'Andrzej Wajda (suite de l'excellent "Homme de Marbre" (1977) la dernière heure est superbe mais difficile de ne pas vouloir s'assoupir devant une première heure et demie qui tourne en rond!!!), "Entre les murs" (2008) (film un peu trop national pour une Palme!!!) ou encore "L'Anguille" (1997) (histoire passionnante en elle-même mais certainement pas par la façon dont elle est racontée!!!).

 

Marty (1955, Delbert Mann) :

 

palmes d'or les moins méritées Marty

 

"Marty" est une oeuvre unique dans l'Histoire du cinéma pour deux raisons : la première c'est le seul film à avoir reçu l'Oscar du Meilleur Film et aussi la Palme d'or, et la deuxième c'est le premier a avoir remporté la Palme d'or alors que cette récompense venait de prendre officiellement cette dénomination. Autrement ??? Ben autrement, c'est tout... Bon pendant les 90 minutes que dure le film, on ne s'ennuie pas et on suit même avec plaisir les divers mineurs événements qui touchent les personnages. Mais une fois les 90 minutes terminées, on oublie sans mal ce film. Alors pourquoi un tel succès et une telle reconnaissance à l'époque ??? D'après ce que j'ai lu c'est parce que c'est la première fois qu'un film hollywoodien présentait des gens simples avec des événements simples. Et des oeuvres incontestablement supérieures comme "La Foule" (1928) de King Vidor ou "Solitude" (1928) de Paul Fejos, sans parler de quelques films de Frank Borzage, on les jette à la poubelle ??? Bon pour une soirée sans vouloir se prendre la tête mais certainement pas un grand moment de cinéma.

 

Blow-Up (1967, Michelangelo Antonioni) :

 

palmes d'or les moins méritées Blow-Up

 

Belle représentation du Swinging London, acteurs très bons, scénario qui est une réflexion intelligente sur le réel et l'imaginaire et notre rapport à l'image, mais voilà c'est le "maestro" Michelangelo Antonioni qui est derrière la caméra et ce serait dommage de ne pas tenir sa réputation de cinéaste ennuyeux. Donc un film lent, très lent, trop lent (vous pouvez le passer en accéléré sans que cela nuisse à la compréhension de l'histoire!!!) et chiant.

 

If.... (1969, Lindsay Anderson) :

 

palmes d'or les moins méritées if

 

S'inspirant du "Zéro de conduite" (1933) de Jean Vigo, le réalisateur Lindsay Anderson met en scène dans la mouvance de Mai 68 cette oeuvre qui s'en prend au système éducatif anglais. Ne sachant jamais tout au long du film s'il doit choisir comme cheval de bataille le burlesque, un surréalisme à la Bunuel ou un réalisme absolue, le cinéaste britannique réalise une oeuvre qui n'arrête pas de se chercher mais qui ne se trouve jamais. Vous ajoutez à cela un rythme qui avance à la vitesse du escargot sous Lexomil, et vous obtenez un véritable somnifère. Seul intéret de voir ce film éventuellement : la présence dans le rôle principal de Malcolm McDowell. C'est d'ailleurs après avoir vu ce film que Stanley Kubrick avait décidé qu'il serait son Alex DeLarge dans "Orange Mécanique" (1971). Mais pour en revenir à Lindsay Anderson, il réalisera une suite très très largement supérieur et réussie avec le même acteur qui interprétera le même personnage "Le Meilleur des Mondes possible" (1973) qui s'en prend de manière percutante (cette fois!!!) aux Institutions anglaises et au Capitalisme. Le film sera en compétition à Cannes mais ne recevra aucune récompense, sans commentaire...

 

M*A*S*H (1970, Robert Altman) :

 

palmes d'or les moins méritées mash

 

La première fois que j'avais vu le film, je n'avais pas détesté. Mais la deuxième fois a été dure car je me suis aperçu que "M*A*S*H" avait affreusement mal vieilli. Et de plus la veine critique anti-militariste que je croyais retrouver a sérieusement pris l'eau. En plus des décors et des costumes kitschs à souhait, le film se contente d'aligner des séquences grivoises plus lourdes que drôles avec des scènes d'opération chirurgicales bien sanguinolentes. Pendant près de deux heures, ça devient très vite ennuyeux. Il y a une scène avec un match de football américain mais celle-ci s'avérant aussi excitante et drôle que le reste... La seule chose à sauver c'est la chanson culte de Johnny Mandel "Suicide is painless".

 

La Classe ouvrière va au paradis (1971, Elio Petri) :

 

palmes d'or les moins méritées la classe ouvrière va au

 

En 1970, le film d'Elio Petri "Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon" sort en salles et reçoit un très grand succès public et critique ainsi qu'une multitude de récompenses dont l'Oscar du Meilleur Film étranger et le Prix spécial du Jury à Cannes. Cette satire implacable des Institutions et de la Société italienne à travers le portrait d'un policier, très magistralement interprété par Gian Maria Volonté, méritait sans conteste tous les honneurs reçus. La BO obsédante et inoubliable d'Ennio Morricone concourt en outre à la réussite du film. En 1971, Elio Petri récidivait dans ce genre de satire sauf que contrairement au film précédent, Gian Maria Volonté joue le rôle d'un personnage, à savoir un ouvrier exténué par un travail lassant et répétitif, sans le moindre pouvoir. On ne change pas une équipe qui gagne donc normalement ça devrait marcher aussi sans problème, mais non... Déjà la BO d'Ennio Morricone est loin d'être inoubliable, autant Gian Maria Volonté était brillant dans le film précédent autant là il se contente de cabotiner et Elio Petri ne sachant pas quoi faire de son sujet tourne en rond tout du long se contentant parfois de lancer désespérément quelques lourds lieux communs gauchistes (et c'est un gauchiste n'ayant jamais mangé de caviar ou couché dans la chambre d'un hôtel à 3 000 dollars la nuit de toute sa vie qui écrit cela!!!). Aussi excitant et frais qu'une journée de travail à l'usine!!!

 

Padre Padrone (1977, Paolo et Vittorio Taviani) :

 

palmes d'or les moins méritées padre padrone

 

Un jeune berger isolé, analphabète et tyrannisé par son père devient un linguiste et écrivain reconnu. Sauf les toutes dernières minutes (merci Mozart!!!), ce film inspiré d'une histoire vraie est sans le moindre lyrisme (sauf quand on entend Mozart donc!!!), se montre parfois dans sa réalisation d'un très grand amateurisme et de plus les personnages ne sont pas du tout attachants. Comment se passionner pour une telle oeuvre ??? Si vous voulez passer votre chemin...

 

Sous le soleil de Satan (1987, Maurice Pialat) :

 

palmes d'or les moins méritées

 

On ne remerciera jamais assez Yves Montand, président du jury, ainsi que les autres membres d'avoir décerné à l'unanimité la Palme d'or à Maurice Pialat pour "Sous le soleil de Satan". Non pas que le film soit bon (au contraire même, je vais y revenir plus tard!!!) mais parce que cela a donné lieu au plus grand moment télévisuel du Festival : le réalisateur sous les huées de l'assistance levant le poing et disant "Je ne vais pas faillir à ma réputation : je suis surtout content ce soir pour tous les cris et les sifflets que vous m'adressez. Et si vous ne m'aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus". Mais pour en venir au film en lui-même, bien que j'aurais préféré être du côté du réalisateur incompris, force est de reconnaître que les huées des journalistes étaient pleinement justifiées. Georges Bernanos n'est certainement pas l'auteur le plus évident à adapter mais Robert Bresson avec "Le Journal d'un curé de campagne" (1951) a remarquablement montré que c'était possible. Le film de Pialat est lourd, empesé souvent par de très longues plages de dialogues ampoulés, sans émotion. Et si Gérard Depardieu et Sandrine Bonnaire s'en sortent avec tous les honneurs, les seconds rôles ont plus l'air d'avoir les chocottes du type derrière la caméra que d'être obnubilés par leurs interminables dialogues. Une oeuvre pas du tout en état de grâce.

 

Sailor et Lula (1990, David Lynch) :

 

palmes d'or les moins méritées sailor et lula

 

"Mulholland Drive" (2001) est pour moi la meilleure oeuvre de sa décennie, je n'ai jamais été autant bouleversé que devant "Elephant Man" (1980) et j'adore "Blue Velvet" (1986) et "Une Histoire vraie" (1998). Donc comme détracteur du cinéma de David Lynch, on peut très facilement trouver mieux. Mais reste que pour moi la seule Palme d'or du cinéaste reste un très gros gadin. En effet, "Sailor et Lula" est juste une suite de séquences violentes et d'effets clinquants sans le moindre intérêt. 

 

Le Vent se lève (2006, Ken Loach) :

 

palmes d'or les moins méritées le vent se lève

 

Comme justification à l'attribution de la Palme d'or à l'unanimité à ce film, la Presse a trouvé comme prétexte le fait que Ken Loach faisait un subtil parallèle entre la Guerre d'indépendance irlandaise des années 20 et celle qui était d'actualité (et qui l'est encore même si beaucoup plus discrète!!!) en Irak. Bon en ne tenant pas compte de cela, on pouvait attendre d'une oeuvre sur cette guerre civile quelque chose de vraiment lyrique, de fort, de rageant qui donne envie de cogner les murs avec ses poings, de prendre les armes et d'aller buter de l'anglais. Pas du tout, déjà je ne vois pas du tout le parallèle avec l'actualité de l'époque ensuite si la première partie où on voit les irlandais prendrent les armes contre l'occupant anglais n'est pas inintéressante (et plus grâce à son sujet qu'au film en lui-même!!!), elle s'enlise souvent dans des scènes inutilement longues et bavardes. Par contre, la seconde partie qui conte une lutte fraticide se révèle pas du tout intéressante le réalisateur n'arrivant pas à donner un semblant de force. Reste que ce n'est pas avec ce film, l'académique "Michael Collins" (1997) de Neil Jordan et le plat "Révolte à Dublin" (1936) de John Ford que la Guerre d'indépendance irlandaise a son grand film qu'elle attend toujours d'ailleurs.

 

Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures (2010, Apichatpong Weerasethakul) :

 

palmes d'or les moins méritées Oncle Boonmee

 

C'est de très loin, de très très loin la pire Palme d'or de toute l'histoire du festival. Je n'ai pas vu toutes les Palmes d'or mais je pense qu'on ne peut pas faire plus mauvais de toute façon. Cette oeuvre est abyssalement, mortellement chiante, un véritable calvaire. Je suis désolé de ne pas avoir une argumentation qui soit un minimum solide mais c'est difficile quand il n'y a absolument rien à argumenter. Voyez-le si vous en avez le courage (et Dieu sait qu'il en faut!!!) et vous me comprendrez. Qu'est qui est passé par la tête de Tim Burton pour avoir soutenu ce machin pour la récompense suprême ???



Par Plume231
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Dimanche 15 mai 7 15 /05 /Mai 14:47

L'Aigle des mers (Michael Curtiz) :

 

1940, L'Aigle des mers

 

"L'Aigle des mers" a toutes les qualités d'un grand film d'aventures : un rythme épique qui ne laisse pas le moindre répit au spectateur, des scènes d'action très réussies, une belle accumulation de rebondissements et un acteur principal d'un charisme insolent. Seule petite ombre au tableau : une partenaire féminine un peu fade mais cela reste bien secondaire surtout sous l'avalanche des nombreuses qualités de cette oeuvre. Mais vous ajoutez à cela une profondeur totalement inattendue pour un film de ce genre. En effet, nous sommes en 1940 et la Warner Bros, qui produisait donc le film, était sans conteste le studio le plus engagé à Hollywood dans la lutte anti-nazie. Il n'est donc pas difficile d'assimiler à la soif de conquête du roi Philippe II d'Espagne celle d'un certain dictateur moustachu, l'Invincible Armada aux hordes nazies, et le discours de la reine d'Elizabeth Ier qui termine le film à la prise de conscience d'une Angleterre qui sait maintenant que la guerre est inévitable et qu'elle est prête à l'affronter. Un presque chef d'oeuvre et une des meilleures oeuvres de son genre.

 

La Dame du vendredi (Howard Hawks) :

 

1940, La Dame du vendredi

 

Le genre de la "Screwball Comedy" dans toute sa splendeur !!! Près de 150 mots à la minute (possible grâce aux chevauchements des dialogues, très piquants, ne faisant entendre que ce qui est nécessaire!!!) pendant toute la durée du film ne laissant aux acteurs et aux spectateurs que très peu de temps pour reprendre leur souffle, et des tas de situations hilarantes. Un duo Cary Grant-Rosalind Russell éblouissant et un véritable modèle du genre.

 

Le Dictateur (Charlie Chaplin) :

 

1940, Le Dictateur

 

Pris comme un film burlesque, une charge féroce contre le nazisme ou comme un pamphlet humaniste, "Le Dictateur" est un MONUMENT et une très grande preuve du génie comique et prophétique de Charlie Chaplin.

 

Fantasia (James Algar, Samuel Armstrong, Ford Beebe, Norman Ferguson, Jim Handley, T. Hee, Wilfred Jackson, Hamilton Luske, Bill Roberts, Paul Satterfield et Ben Sharpsteen) :

 

1940, Fantasia

 

Une suite de séquences indépendantes les unes des autres, chacune illustrée par une grande composition classique. Si on peut rire de Mickey dans "L'Apprenti Sorcier" ou de la danse des hippopotames, on ne peut qu'être saisi par la beauté de la séquence des créatures de la mythologie gréco-romaine sur "La Symphonie Pastorale" de Beethoven et être très impressionné par le réalisme terrifiant de celle de l'Origine du monde sur "Le Sacre du printemps" de Stravinski. Une oeuvre ambitieuse et révolutionnaire d'une modernité telle qu'il est difficile à croire qu'elle est plus de 70 ans. Walt Disney était vraiment un génie.

 

La Fille du Puisatier (Marcel Pagnol) :

 

1940, La Fille du puisatier

 

"La Fille du puisatier" est le seul film majeur du cinéma français a être sorti en 1940, année qui se distingue par sa très faible production cinématographique par rapport aux années précédentes et aux suivantes. Il faut bien dire qu'à l'époque la France avait d'autres chats à fouetter. D'ailleurs le tournage n'a pas été sans difficulté car entrepris pendant l'Invasion allemande. On peut d'ailleurs entendre à la fin du film le discours du Maréchal Pétain du 17 juin (qu'on a par la suite préféré oublier au profit du discours du 18 juin!!!) appelant à déposer les armes. Si comme tous les films de Marcel Pagnol "La Fille du puisatier" souffre parfois de laisser trop de place aux dialogues, l'interprétation des deux monstres sacrés qu'étaient Raimu et Fernandel en fait tout de même un grand moment de cinéma.

 

Indiscrétions (George Cukor) :

 

1940, Indiscrétions

 

Il y a tout dans ce film pour que tout sente la perfection dans ce film : une mise en scène élégante, raffinée, glamour maîtrisée totalement par un réalisateur au sommet, un scénario et des dialogues finement écrits, des seconds rôles brillants et un trio d'acteurs principaux (Cary Grant, Katharine Hepburn et James Stewart, je défie quiconque de trouver plus prestigieux!!!) phénoménal. Un chef d'oeuvre absolu.

 

Pinocchio (Hamilton Luske et Ben Sharpsteen) :

 

1940, Pinocchio

 

Quand on pense à "Pinocchio", ce n'est pas du tout au conte original de Carlo Collodi que l'on songe mais bien au deuxième long-métrage d'animation de Walt Disney. Avec un très grand perfectionnisme (Walt Disney n'hésitant pas à faire refaire 175 fois certaines séquences à ses animateurs!!!), le grand maître de l'animation a crée ce chef d'oeuvre d'une inventivité visuelle et scénaristique impossible à prendre en défaut. Preuve que le dessin animé est bien resté dans les mémoires, de nombreuses personnes pensent que Pinocchio a été dans le ventre d'une baleine alors que dans le conte original c'était dans le ventre d'un requin. Trop fort ce Disney!!! 

 

Les Raisins de la colère (John Ford) :

 

1940, Les Raisins de la colère

 

Adapté du best-seller de John Steinbeck, magnifiquement réalisé par John Ford et interprété de manière intense en particulier par Henry Fonda dans le grand rôle de sa vie, "Les Raisins de la colère" est avec "Les Temps modernes", le grand symbole hollywoodien sur la Dépression. Un chef d'oeuvre d'humanisme.

 

Rebecca (Alfred Hitchcock) :

 

1940, Rebecca

 

Premier film américain d'Alfred Hitchcock et le seul de sa carrière à avoir eu l'Oscar du Meilleur Film, "Rebecca" transporte le spectateur à travers la vision d'une jeune femme un peu gauche et timide dans une atmosphère captivante, très angoissante, gothique et cauchemardesque. Un des plus grands films du Maître.

 

The Shop Around The Corner (Ernst Lubitsch) :

 

1940, The Shop Around The Corner

 

Bêtement sorti en France sous le titre "Rendez-vous", le titre original "The Shop Around The Corner" (traduisez "Le Magasin au coin de la rue"!!!) résume beaucoup mieux le film car ce n'est pas le couple formé par James Stewart et Margaret Sullavan mais bien la boutique dans laquelle leurs personnages travaillent qui est le centre de l'histoire. Avec toute la subtilité qui fait la grandeur de ses films, Ernst Lubistch filme la vie d'un magasin et la rend vivante par une infinitité de petits détails (par exemple l'employé qui a peur qu'on lui demande son avis!!!). Un joyau!!!

 

La Valse dans l'ombre (Mervyn LeRoy) :

 

1940, La Valse dans l'ombre

 

Beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup trop méconnu, "La Valse dans l'ombre" est pourtant une pure merveilleuse. A chaque fois dans les grands mélos hollywoodiens de l'époque qu'on entendait la moindre BO, on avait l'impression qu'il y avait une centaine de violonistes dans la pièce tellement celle-ci est crispante d'exagération. Or là pas du tout, au contraire on a le droit à une musique étonnamment moderne et qui ponctue admirablement le film. Mais c'est loin d'être la seule qualité de cette oeuvre. La réalisation de Mervyn LeRoy est d'une très grande beauté visuelle, l'histoire est déchirante, Robert Taylor donne une des meilleures interprétations de sa carrière mais c'est surtout le film de Vivien Leigh. Eh oui! La carrière peu prolifique de cette très grande et très belle comédienne ne contient pas deux chefs d'oeuvre (à savoir "Autant en emporte le vent" (1939) et "Un Tramway nommé Désir" (1951)!!!) mais trois. Elle donne une superbe, intense et émouvante interprétation. Il a noter que si le film est très peu connu dans notre très cher hexagone et même aux Etats-Unis, c'est une oeuvre culte en Chine. Et que c'était aussi le film favori de Vivien Leigh et de Robert Taylor dans leurs carrières respectives. Un des trois-quatre plus beaux films du genre et allez disons-le carrément un des plus beaux films de tous les temps.



Par Plume231
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Vendredi 13 mai 5 13 /05 /Mai 11:09

Souvent on critique le Festival de Cannes pour son côté superficiel très prononcé et comme étant uniquement un prétexte pour qu'une galerie de stars fanfaronne juste pour faire la pub du grand couturier qui a conçu leur robe et/ou faire la promo de leur dernier film si ce n'est bien sûr la sienne tout court. Hélàs, ces reproches sont très loin d'être injustifiés.

 

Mais ceci ne doit surtout pas faire oublier que par le passé (au vue des palmarès de ces dernières années, j'ai envie de dire "par le passé"!) des oeuvres absolument remarquables, prestigieuses, profondément marquantes ont eu et mérité totalement la fameuse récompense suprême. D'ailleurs ce petit retour en arrière a pour but de faire découvrir, et j'ose espérer vous donner envie de visionner les films que vous ne connaissez pas encore, les plus grandes oeuvres qui ont été récompensées par le festival pour moi.

 

Je me suis limité à dix mais avec quelques difficultés parce que je me suis aperçu que le nombre de grands films récompensés est plus nombreux que je le pensais dans un premier temps.

 

Ainsi je ne mettrais pas dans ce classement des films aussi admirables que "Le Messager", film le plus abouti de son réalisateur Joseph Losey qui est une très belle oeuvre nous faisant voir de manière froide mais très subtile le fossé entre les classes sociales par le biais du regard d'un jeune garçon, que "Le Tambour" l'ex-aequo avec "Apocalypse Now", où aussi par le biais du regard d'un jeune garçon confronté à l'époque nazie on voit la bêtise humaine dans toute sa "splendeur", que "Que le spectacle commence", troublante introspection où le réalisateur Bob Fosse par une mise en scène très percutante filme sa future mort, ou son "ex-aequo" la magistrale fresque "Kagemusha, l'ombre du guerrier" dont seul le grand Kurosawa avait le secret pour réaliser aussi prodigieusement des oeuvres de ce genre. Ou encore l'émouvant road-movie de Wim Wenders "Paris, Texas" ou l'excellente et très caustique comédie de Pietro Germi "Ces Messieurs dames".

 

J'ai choisi de mettre par l'ordre chronologique des années de sortie, et non pas par une quelconque préférence (ah oui une dernière chose, avant 1955 les films recevaient non pas la Palme d'or mais le Grand Prix du Festival ce qui est son équivalent antérieur!) :

 

Le Troisième Homme (1949, Carol Reed) :

 

palmes d'or les plus méritées Le Troisième Homme 

 

"Le Troisième Homme" est certainement plus qu'un film noir réalisé avec une technique renversante qui fait que le réalisateur britannique Carol Reed n'avait absolument rien à envier aux plus grands directeurs de la photographie hollywoodiens de l'époque. C'est aussi le symbole cinématographique de la confrontation entre une Amérique fraîche, triomphante et optimiste de l'immédiat après-guerre face à une Europe lucide, amère et désabusée, autant celle des vainqueurs que des vaincus, qui a subi l'Horreur. On doit à ce film tourné en extérieurs dans une Vienne en ruines quelques grands morceaux d'anthologie tels que la première apparition du personnage d'Orson Welles censé être mort, le discours improvisé de ce dernier dans la grande roue où il montre le peu de signification qu'à une vie humaine pour lui ou encore la poursuite finale dans les égouts de la ville. Il serait inadmissible d'oublier de signaler aussi sa très mémorable bande originale à la cithare composée par Anton Karas et qui achève de rendre ce film unique.

 

Mademoiselle Julie (1951, Alf Sjöberg) :

 

Palme d'or les plus méritées Mademoiselle Julie

 

Film très injustement oublié, cette découverte très récente pour moi a été un véritable choc d'autant plus qu'il a été totalement innatendu. Adapté d'une pièce de théâtre d'August Strindberg, ce film casse pourtant tous les codes du simple théâtre filmé pour promener le spectateur dans des paysages campagnards superbes et dans une mise en scène d'un très grand raffinement. Entrecoupé de flashbacks cauchemardesques et à l'extrême-limite du traumatisant, le film décrit avec une crudité mémorable le rapport entre les classes sociales et le fossé qui les sépare. De plus, "Mademoiselle Julie" bénéficie de la performance exceptionnelle de l'actrice Anita Björk qui est pour beaucoup dans la réussite totale de l'oeuvre. En outre, c'est une preuve que le réalisateur Alf Sjöberg avait aussi son mot à dire avec Victor Sjöström et Ingmar Bergman pour ce qui était du grand cinéma suédois. Seul petit regret qui n'a absolument rien à voir avec le film lui-même : le fait qu'il ait eu le prix ex-aequo avec "Miracle à Milan" et non pas avec le chef d'oeuvre de Mankiewicz "Eve" (qui a dû se contenter d'un Prix Spécial du Jury!). Cela aurait fait un palmarès digne de celui de 1979 avec "Apocalypse Now" et "Le Tambour".

 

Le Salaire de la peur (1953, Henri-Georges Clouzot) :

 

palmes d'or les plus méritées le salaire de la peur 

 

C'est avec son style réaliste et très noir bien à lui que le grand cinéaste Henri-Georges Clouzot a réalisé ce film dont il a réussi à la perfection à faire ressortir toute l'angoisse des personnages et des situations. Bénéficiant en plus d'un casting sans-faute (en particulier Charles Vanel lui aussi récompensé à Cannes!), Clouzot a signé un véritable chef d'oeuvre.

 

La Dolce Vita (1960, Federico Fellini) :

 

Les Palmes d'or les plus méritées la dolce vita 

 

Anita Ekberg et Marcello Mastroianni dans la Fontaine de Trevi !!! Une des séquences les plus mythiques du 7ème Art dans le film italien le plus célèbre de tous les temps, What's else ??? Ben, une bonne autre dizaine de séquences peut être pas aussi connues mais qui méritent tout autant de rester dans les mémoires comme le Christ suspendu à un hélicoptère en vol, la marche voluptueuse d'Anouk Aimée, le final avec un étrange animal marin échoué et la deuxième apparition de la jeune fille, etc...  qui font parties d'une suite de tableaux qu'on garde en tête bien après la vision du film, What's else ??? Ben, l'invention du terme "paparazzi", ces derniers qui peuvent amuser lorsqu'ils s'agglutinent autour de la moindre star de cinéma mais beaucoup moins autour d'une mère de famille qui va apprendre la pire des choses qu'on puisse annoncer à une mère, What's else ??? Une description très juste du vide existentiel à travers les soirées mondaines romaines. What's else ??? La musique entraînante mais faussement gaie de Nino Rota. What's else ??? Un beau scandale à travers la condamnation du Vatican (l'Eglise italienne allant jusqu'à menacer d'excommunier ses ouailles s'ils allaient voir le film!), de nombreux sifflets qui n'ont pas manqué de se faire entendre lors de certaines projections. What's else ??? Une Palme d'or contreversée mais entièrement méritée pour cette oeuvre prophétique. En fait, Federico Fellini n'a pas réalisé un film qui se décrit mais qui se doit d'être découvert comme une véritable expérience personnelle.

 

Le Guépard (1963, Luchino Visconti) :

 

le guépard

 

 

Une majestueuse fresque historique où le plus petit détail de mise en scène est d'une perfection incroyable. Rien n'est absolument négligé par un Luchino Visconti au sommet de son art. Chaque scène, chaque image même, de ce chef d'oeuvre absolu devenant sous sa direction une véritable oeuvre d'art. Claudia Cardinale et Alain Delon n'ont jamais été aussi beaux. Burt Lancaster donne l'impression d'être un prince sicilien depuis toujours. Grandiose est un mot beaucoup trop faible pour décrire ce film!!!

 

Conversation secrète (1974, Francis Ford Coppola) :

 

Conversation-secrete.JPG 

 

Francis Ford Coppola a été sans conteste le roi du cinéma américain des années 70. Les deux premiers volets du "Parrain" ainsi qu'"Apocalypse Now" sont de véritables monuments du cinéma. Ce qui est dommage c'est que peu de personnes savent que lors de cette glorieuse décennie Coppola a réalisé aussi un quatrième chef d'oeuvre aussi méconnu que les autres sont connus. Sorti entre le voisinage un peu trop écrasant du "Parrain" et du "Parrain II", "Conversation secrète" qui est la première des deux Palmes d'or du réalisateur est une oeuvre en tout point magistrale. Dans la veine des thrillers paranoïaques sortis en masse après le Scandale du Watergate, ce film est d'autant remarquable que son tournage est antérieur à l'affaire qui entrainera la démission du président Richard Nixon. De plus, contrairement à d'autres films du même genre si l'intrigue est complexe elle ne cherche nullement à perdre le spectateur. Une véritable leçon de mise en scène.

 

Taxi Driver (1976, Martin Scorsese) :

 

les palmes d'or les plus méritées taxi driver 

 

"You talkin' to me ? You talkin' to me ? You talkin' to me ? Then who the hell else are you talkin' to ? You talkin' to me ? Well I'm the only one here. Who the fuck do you think you're talking to ?". Rien que cette scène où Robert de Niro, extraordinaire, prononce cette tirade culte justifie à elle seule l'obtention de la fameuse récompense. Mais Jolie Foster âgée de seulement 12 ans impressionnante en prostituée, la qualité incroyable du scénario de Paul Schrader qui décrit de manière trouble les bas-fonds new-yorkais et la descente du enfer du personnage principal, le thème jazzy du grand Bernard Herrmann (sa dernière composition!),  le talent de l'immense De Niro évidemment et la réalisation virtuose du génie Martin Scorsese ne sont évidemment pas de trop.

 

Apocalypse Now (1979, Francis Ford Coppola) :

 

les palmes d'or les plus méritées apocalypse now 

 

La charge des hélicoptères sur "La Chevauchée des Walkyries" est juste LE plus grand moment de cinéma. C'est un Francis Ford Coppola aux tréfonds de la folie mais au sommet de son art qui a réalisé cette oeuvre démentielle, mégalomane, dantesque, monumentale, apocalyptique... Un véritable feu d'artifice visuel et sonore pour le spectateur qui ne reviendra pas indemne du voyage.

 

La Leçon de Piano (1993, Jane Campion) :

 

palmes d'or les plus méritées La Lecon de Piano 

 

Une oeuvre passionnée, érotique, violente et enfiévrée sublimée par l'interprétation phénoménale d'Holly Hunter et par le thème musical absolument magnifique de Michael Nyman. Par ce film, Jane Campion a donné LE chef d'oeuvre romantique (dans le sens littéraire du terme!!!) au Septième Art.

 

Pulp Fiction (1994, Quentin Tarantino) :

 

Palmes d'or les plus méritées Pulp Fiction 

 

Est-il besoin que je présente cette oeuvre magistrale et parfaite absolument culte, culte, culte, culte et culte de chez culte ??? Non, puisque tout le monde l'a connaît et de plus je pense qu'il y a au moins ne serait-ce sur ce site un millier de personnes qui le ferait beaucoup mieux que moi.

 

Par Plume231
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Samedi 28 août 6 28 /08 /Août 15:47

Dumb-Hounded (sorti 20 mars 1943)

"Dumb-Hounded" marque la première apparition de l'apathique Droopy dans un dessin animé

Synopsis : Le Loup s'évade de la prison de Swing-Swing. Tous les chiens sont lancés à ses trousses en particulier le nonchalant Droopy. N'importe où le Loup va se cacher, Droopy on ne sait comment y sera...

Critique : Ce troisième dessin animé chez la MGM est absolument à marquer d'une pierre blanche puisqu'elle marque la première apparition du lymphatique chien Droopy. Grâce à lui, le dessin animé n'est pas que drôle sur le plan visuel mais aussi sur celui des dialogues. Sa présentation lors de sa première apparition est à mourir de rire : "Hello, all you happy people. You know what? I'm the hero.". C'est aussi là qu'on entend pour la première fois deux autres de ses répliques cultes : "Peek-a-boo" et son fameux "I'm Happy". Ce qui ne veut pas dire que le personnage du Loup soit pour autant négliger. Car avec lui, la logique averyenne va exploser comme jamais. Il fait peu de cas de la distance géographique faisant notamment celle Hollywood-Pôle Nord en quelques secondes, les lois de la gravité sont inexistantes car on voit un croquemort prendre tranquillement les mesures du Loup pendant que ce dernier chute du haut d'un gratte-ciel. Quand à la logique tout court, elle en prend un sacré coup puisque que le canidé va même un moment jusqu'à sortir de la pellicule et que Droopy s'arrange pour être dans chaque endroit où le Loup tente de se planquer même le Pôle Nord. Porté par deux personnages géniaux et par un délire inventif constant, "Dumb-Hounded" est un véritable joyau.

Note : *****

Lien pour voir le film : http://www.youtube.com/watch?v=ghG0lWxRABM

Une petite anecdote pour finir : En fait, Droopy a été inspiré par un autre personnage que Tex Avery avait crée, en collaboration avec Bob Clampett et Friz Freleng, en 1941 lorsqu'il était à la Warner Bros : Cecil Turtle. Il a plusieurs points communs avec Droopy, notamment la lenteur et la malice.

Il n'est apparu en tout que dans trois cartoons, tous avec Bugs Bunny comme partenaire.



Par Plume231 - Publié dans : Cartoons
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Samedi 28 août 6 28 /08 /Août 12:16

The Early bird dood it (sorti le 29 août 1942)

L'oiseau tente de faire sans succès du ver son prochain petit-déjeuner

Synopsis : Le ver en a marre que l'oiseau tente de faire de lui une fois par jour son petit-déjeuner. C'est pour cela qu'il engage un chat pour le débarasser de l'oiseau. Seul accroc à ce plan diabolique : le chat est particulièrement abruti...

Critique : Si c'est loin d'être le Tex Avery le plus connu peut-être du fait de l'absence de personnages célèbres du créateur, "The Early bird dood it" s'avère tout de même être un excellent cartoon très bien rythmé et dont les meilleurs gags viennent surtout des panneaux qui s'adressent directement aux spectateurs. Ce type de gag est très caractéristique de l'oeuvre du génie de l'animation.

Note : ****

Lien pour voir le film : http://www.youtube.com/watch?v=-9PIy07IDKM

Une petite anecdote pour finir : Dans ce cartoon, les personnages passent près d'une affiche de film avec l'indication que leur dessin animé passe en double programme avec ce dernier. Ce qui est fort possible puisque un cartoon était passé à l'époque avant la diffusion du film (un peu comme Pixar aujourd'hui qui passe un court-métrage avant le film). Le film représenté sur cette affiche est "Madame Miniver" (1942), production de prestige comme seule la MGM savait en faire à l'époque. "Madame Miniver" raconte la vie d'une famille anglaise pris dans la tourmente du Blitz pendant la guerre. Le succès à l'époque avait été phénoménal. Churchill  avait dit que "Sa propagande vaut bien plusieurs cuirassés" alors que Roosevelt déclara que ce film l'avait fait prendre la décision d'aider intensivement les anglais contre les nazis. Il fera même larguer des tracts sur les pays occupés contenant un discours extrait de ce film. Les Oscars feront honneur à ce film en lui décernant 7 récompenses dont celles du Meilleur Réalisateur (William Wyler), de la Meilleure Actrice (Greer Garson) et du Meilleur Film. Autant le film était très acclamé à sa sortie, autant aujourd'hui il est tombé dans un quasi-oubli. Lequel de son succès à l'époque ou de son oubli aujourd'hui est le plus mérité, votre serviteur est incapable de le savoir puisque malgré ses efforts il n'a pas encore réussi à voir ce film.



Par Plume231 - Publié dans : Cartoons
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