Les 10 Palmes d'or les plus méritées

Publié le par Plume231

Souvent on critique le Festival de Cannes pour son côté superficiel très prononcé et comme étant uniquement un prétexte pour qu'une galerie de stars fanfaronne juste pour faire la pub du grand couturier qui a conçu leur robe et/ou faire la promo de leur dernier film si ce n'est bien sûr la sienne tout court. Hélàs, ces reproches sont très loin d'être injustifiés.

 

Mais ceci ne doit surtout pas faire oublier que par le passé (au vue des palmarès de ces dernières années, j'ai envie de dire "par le passé"!) des oeuvres absolument remarquables, prestigieuses, profondément marquantes ont eu et mérité totalement la fameuse récompense suprême. D'ailleurs ce petit retour en arrière a pour but de faire découvrir, et j'ose espérer vous donner envie de visionner les films que vous ne connaissez pas encore, les plus grandes oeuvres qui ont été récompensées par le festival pour moi.

 

Je me suis limité à dix mais avec quelques difficultés parce que je me suis aperçu que le nombre de grands films récompensés est plus nombreux que je le pensais dans un premier temps.

 

Ainsi je ne mettrais pas dans ce classement des films aussi admirables que "Le Messager", film le plus abouti de son réalisateur Joseph Losey qui est une très belle oeuvre nous faisant voir de manière froide mais très subtile le fossé entre les classes sociales par le biais du regard d'un jeune garçon, que "Le Tambour" l'ex-aequo avec "Apocalypse Now", où aussi par le biais du regard d'un jeune garçon confronté à l'époque nazie on voit la bêtise humaine dans toute sa "splendeur", que "Que le spectacle commence", troublante introspection où le réalisateur Bob Fosse par une mise en scène très percutante filme sa future mort, ou son "ex-aequo" la magistrale fresque "Kagemusha, l'ombre du guerrier" dont seul le grand Kurosawa avait le secret pour réaliser aussi prodigieusement des oeuvres de ce genre. Ou encore l'émouvant road-movie de Wim Wenders "Paris, Texas" ou l'excellente et très caustique comédie de Pietro Germi "Ces Messieurs dames".

 

J'ai choisi de mettre par l'ordre chronologique des années de sortie, et non pas par une quelconque préférence (ah oui une dernière chose, avant 1955 les films recevaient non pas la Palme d'or mais le Grand Prix du Festival ce qui est son équivalent antérieur!) :

 

Le Troisième Homme (1949, Carol Reed) :

 

palmes d'or les plus méritées Le Troisième Homme 

 

"Le Troisième Homme" est certainement plus qu'un film noir réalisé avec une technique renversante qui fait que le réalisateur britannique Carol Reed n'avait absolument rien à envier aux plus grands directeurs de la photographie hollywoodiens de l'époque. C'est aussi le symbole cinématographique de la confrontation entre une Amérique fraîche, triomphante et optimiste de l'immédiat après-guerre face à une Europe lucide, amère et désabusée, autant celle des vainqueurs que des vaincus, qui a subi l'Horreur. On doit à ce film tourné en extérieurs dans une Vienne en ruines quelques grands morceaux d'anthologie tels que la première apparition du personnage d'Orson Welles censé être mort, le discours improvisé de ce dernier dans la grande roue où il montre le peu de signification qu'à une vie humaine pour lui ou encore la poursuite finale dans les égouts de la ville. Il serait inadmissible d'oublier de signaler aussi sa très mémorable bande originale à la cithare composée par Anton Karas et qui achève de rendre ce film unique.

 

Mademoiselle Julie (1951, Alf Sjöberg) :

 

Palme d'or les plus méritées Mademoiselle Julie

 

Film très injustement oublié, cette découverte très récente pour moi a été un véritable choc d'autant plus qu'il a été totalement innatendu. Adapté d'une pièce de théâtre d'August Strindberg, ce film casse pourtant tous les codes du simple théâtre filmé pour promener le spectateur dans des paysages campagnards superbes et dans une mise en scène d'un très grand raffinement. Entrecoupé de flashbacks cauchemardesques et à l'extrême-limite du traumatisant, le film décrit avec une crudité mémorable le rapport entre les classes sociales et le fossé qui les sépare. De plus, "Mademoiselle Julie" bénéficie de la performance exceptionnelle de l'actrice Anita Björk qui est pour beaucoup dans la réussite totale de l'oeuvre. En outre, c'est une preuve que le réalisateur Alf Sjöberg avait aussi son mot à dire avec Victor Sjöström et Ingmar Bergman pour ce qui était du grand cinéma suédois. Seul petit regret qui n'a absolument rien à voir avec le film lui-même : le fait qu'il ait eu le prix ex-aequo avec "Miracle à Milan" et non pas avec le chef d'oeuvre de Mankiewicz "Eve" (qui a dû se contenter d'un Prix Spécial du Jury!). Cela aurait fait un palmarès digne de celui de 1979 avec "Apocalypse Now" et "Le Tambour".

 

Le Salaire de la peur (1953, Henri-Georges Clouzot) :

 

palmes d'or les plus méritées le salaire de la peur 

 

C'est avec son style réaliste et très noir bien à lui que le grand cinéaste Henri-Georges Clouzot a réalisé ce film dont il a réussi à la perfection à faire ressortir toute l'angoisse des personnages et des situations. Bénéficiant en plus d'un casting sans-faute (en particulier Charles Vanel lui aussi récompensé à Cannes!), Clouzot a signé un véritable chef d'oeuvre.

 

La Dolce Vita (1960, Federico Fellini) :

 

Les Palmes d'or les plus méritées la dolce vita 

 

Anita Ekberg et Marcello Mastroianni dans la Fontaine de Trevi !!! Une des séquences les plus mythiques du 7ème Art dans le film italien le plus célèbre de tous les temps, What's else ??? Ben, une bonne autre dizaine de séquences peut être pas aussi connues mais qui méritent tout autant de rester dans les mémoires comme le Christ suspendu à un hélicoptère en vol, la marche voluptueuse d'Anouk Aimée, le final avec un étrange animal marin échoué et la deuxième apparition de la jeune fille, etc...  qui font parties d'une suite de tableaux qu'on garde en tête bien après la vision du film, What's else ??? Ben, l'invention du terme "paparazzi", ces derniers qui peuvent amuser lorsqu'ils s'agglutinent autour de la moindre star de cinéma mais beaucoup moins autour d'une mère de famille qui va apprendre la pire des choses qu'on puisse annoncer à une mère, What's else ??? Une description très juste du vide existentiel à travers les soirées mondaines romaines. What's else ??? La musique entraînante mais faussement gaie de Nino Rota. What's else ??? Un beau scandale à travers la condamnation du Vatican (l'Eglise italienne allant jusqu'à menacer d'excommunier ses ouailles s'ils allaient voir le film!), de nombreux sifflets qui n'ont pas manqué de se faire entendre lors de certaines projections. What's else ??? Une Palme d'or contreversée mais entièrement méritée pour cette oeuvre prophétique. En fait, Federico Fellini n'a pas réalisé un film qui se décrit mais qui se doit d'être découvert comme une véritable expérience personnelle.

 

Le Guépard (1963, Luchino Visconti) :

 

le guépard

 

 

Une majestueuse fresque historique où le plus petit détail de mise en scène est d'une perfection incroyable. Rien n'est absolument négligé par un Luchino Visconti au sommet de son art. Chaque scène, chaque image même, de ce chef d'oeuvre absolu devenant sous sa direction une véritable oeuvre d'art. Claudia Cardinale et Alain Delon n'ont jamais été aussi beaux. Burt Lancaster donne l'impression d'être un prince sicilien depuis toujours. Grandiose est un mot beaucoup trop faible pour décrire ce film!!!

 

Conversation secrète (1974, Francis Ford Coppola) :

 

Conversation-secrete.JPG 

 

Francis Ford Coppola a été sans conteste le roi du cinéma américain des années 70. Les deux premiers volets du "Parrain" ainsi qu'"Apocalypse Now" sont de véritables monuments du cinéma. Ce qui est dommage c'est que peu de personnes savent que lors de cette glorieuse décennie Coppola a réalisé aussi un quatrième chef d'oeuvre aussi méconnu que les autres sont connus. Sorti entre le voisinage un peu trop écrasant du "Parrain" et du "Parrain II", "Conversation secrète" qui est la première des deux Palmes d'or du réalisateur est une oeuvre en tout point magistrale. Dans la veine des thrillers paranoïaques sortis en masse après le Scandale du Watergate, ce film est d'autant remarquable que son tournage est antérieur à l'affaire qui entrainera la démission du président Richard Nixon. De plus, contrairement à d'autres films du même genre si l'intrigue est complexe elle ne cherche nullement à perdre le spectateur. Une véritable leçon de mise en scène.

 

Taxi Driver (1976, Martin Scorsese) :

 

les palmes d'or les plus méritées taxi driver 

 

"You talkin' to me ? You talkin' to me ? You talkin' to me ? Then who the hell else are you talkin' to ? You talkin' to me ? Well I'm the only one here. Who the fuck do you think you're talking to ?". Rien que cette scène où Robert de Niro, extraordinaire, prononce cette tirade culte justifie à elle seule l'obtention de la fameuse récompense. Mais Jolie Foster âgée de seulement 12 ans impressionnante en prostituée, la qualité incroyable du scénario de Paul Schrader qui décrit de manière trouble les bas-fonds new-yorkais et la descente du enfer du personnage principal, le thème jazzy du grand Bernard Herrmann (sa dernière composition!),  le talent de l'immense De Niro évidemment et la réalisation virtuose du génie Martin Scorsese ne sont évidemment pas de trop.

 

Apocalypse Now (1979, Francis Ford Coppola) :

 

les palmes d'or les plus méritées apocalypse now 

 

La charge des hélicoptères sur "La Chevauchée des Walkyries" est juste LE plus grand moment de cinéma. C'est un Francis Ford Coppola aux tréfonds de la folie mais au sommet de son art qui a réalisé cette oeuvre démentielle, mégalomane, dantesque, monumentale, apocalyptique... Un véritable feu d'artifice visuel et sonore pour le spectateur qui ne reviendra pas indemne du voyage.

 

La Leçon de Piano (1993, Jane Campion) :

 

palmes d'or les plus méritées La Lecon de Piano 

 

Une oeuvre passionnée, érotique, violente et enfiévrée sublimée par l'interprétation phénoménale d'Holly Hunter et par le thème musical absolument magnifique de Michael Nyman. Par ce film, Jane Campion a donné LE chef d'oeuvre romantique (dans le sens littéraire du terme!!!) au Septième Art.

 

Pulp Fiction (1994, Quentin Tarantino) :

 

Palmes d'or les plus méritées Pulp Fiction 

 

Est-il besoin que je présente cette oeuvre magistrale et parfaite absolument culte, culte, culte, culte et culte de chez culte ??? Non, puisque tout le monde l'a connaît et de plus je pense qu'il y a au moins ne serait-ce sur ce site un millier de personnes qui le ferait beaucoup mieux que moi.

 

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moncler uk 17/11/2011 09:42


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adult vod 16/07/2011 18:51

qui a été un très bon film ive vu quelques fois aujourd'hui

titus 25/05/2011 19:36

J'avais lu dans tes critiques que tu voyais beaucoup de Palme d'or, récemment, et donc je ne suis pas surpris de tomber sur un tel article! Merci!
Je n'en ai vu que 4 de ceux-ci, mais le choix est plutôt alléchant parmi ceux que je n'ai pas vus!

Mais... Il est où L'homme de Rio? :cry: