Tex Avery ou le génie du cartoon (2ème partie)

Publié le par Plume231

Blitz Wolf (sorti le 22 août 1942)

 Adolf Wolf, caricature pas du tout voilée d'Adolf Hitler, dans le premier cartoon de Tex Avery pour la MGM

Synopsis : Les deux petits cochons, celui qui construit une maison en paille et celui qui en construit une en bois, sont insouciants car ils ont signé un traité de non-agression avec Adolf Wolf. Mais cette confiance n'est nullement partagé par le troisième petit cochon, le sergent Pork, qui s'est enrôlé dans l'armée américaine et qui a entouré sa maison d'un véritable dispositif de défense. Les circonstances ne tardent pas à lui donner raison car le redoutable Adolf Wolf lance une attaque surprise sur Pigmania...

Critique : "Le loup de ce dessin animé n'est pas fictif. Toute ressemblance entre ce loup et ce (suite d'insultes qu'on aura la décence de ne pas traduire!) d'Hitler est purement intentionnelle!". Dès la fin du générique qui débute le cartoon, le ton est donné. Ce dessin animé sera vertement anti-nazi et exaltera le patriotisme américain. Si quelques cartoons de Tex Avery réalisés pendant la Seconde Guerre Mondiale auront quelques références au contexte de leur époque, aucun ne le  fera de façon aussi frontale que "The Blitz Wolf". Les deux petits cochons insouciants représentent les pays alliés qui ont cru jusqu'au bout qu'Hitler voulait la paix et l'accord de non-agression qu'ils ont signé avec Adolf Wolf s'apparenterait à ceux de Munich qui datent de 1938. Le troisième petit cochon lui est l'Amérique qui croit en son pays qui est fin prêt à combattre la Puissance du mal. Il est à noter que son nom, Sergent Pork, est une référence à "Sergent York" avec Gary Cooper dans le rôle-titre, film très patriotique qui avait fait un incroyable carton au box-office américain l'année précédente.

Ce qui n'empêche pas Tex Avery de s'autoriser tous les délires. Au contraire, il s'en sert pour cela. Il n'hésitera pas à montrer sa célèbre image d'anti-disney en y parodiant un maximum "Les Trois Petits Cochons" (1933) où le loup pour faire disparaître la maison de paille (faisant un clin d'oeil totalement débile dans le bon sens du terme à "Autant en emporte le vent" (1939) au passage) et celle de bois utilise son armement à la place de son propre souffle. L'armement est souvent source de gags comme ce "B-19 1/2", avion exagerément gros, ou ces missiles qui tombent à la renverse après avoir vu l'image d'une pin-up. La fin promet à tous ceux qui achètent des bons de liberté qu'Adolf Wolf sera transformer en descente de lit. Ce cartoon, qui a par l'entremise du personnage d'Adolf Wolf,  marque la première apparition du Loup dans un cartoon MGM (Avery l'avait déjà ébauché dans trois cartoons Warner!), est sans conteste un des meilleurs de son créateur de génie (personnellement je le placerais tout de suite dans mon top 3!). Il sera nommé en 1942 à l'Oscar du meilleur court-métrage d'animation mais devra hélàs s'incliner face au dessin animé des studios Disney "Der Fuerher's Face" où cette fois c'est Donald Duck qui combat le nazisme. Mais quoi qu'il en soit "Blitz Wolf" est un véritable petit chef d'oeuvre.

Note : *****

Lien pour voir le film : http://www.dailymotion.com/video/x71i69_tex-avery-blitz-wolf-1942_shortfilms

Une petite anecdote pour finir : Dans son autobiographie, Chuck Jones avait relaté une conversation entre Tex Avery et le producteur MGM Fred Quimby. Quand Tex Avery lui avait dit pendant la création du dessin animé qu'il comptait caricaturer Hitler, Quimby lui avait répondu de faire très attention terminant par la phrase "Après tout, on ne sait pas qui va gagner la guerre". 

The Early bird dood it (sorti le 29 août 1942)

L'oiseau tente de faire sans succès du ver son prochain petit-déjeuner

Synopsis : Le ver en a marre que l'oiseau tente de faire de lui une fois par jour son petit-déjeuner. C'est pour cela qu'il engage un chat pour le débarasser de l'oiseau. Seul accroc à ce plan diabolique : le chat est particulièrement abruti...

Critique : Si c'est loin d'être le Tex Avery le plus connu peut-être du fait de l'absence de personnages célèbres du créateur, "The Early bird dood it" s'avère tout de même être un excellent cartoon très bien rythmé et dont les meilleurs gags viennent surtout des panneaux qui s'adressent directement aux spectateurs. Ce type de gag est très caractéristique de l'oeuvre du génie de l'animation.

Note : ****

Lien pour voir le film : http://www.youtube.com/watch?v=-9PIy07IDKM

Une petite anecdote pour finir : Dans ce cartoon, les personnages passent près d'une affiche de film avec l'indication que leur dessin animé passe en double programme avec ce dernier. Ce qui est fort possible puisque un cartoon était passé à l'époque avant la diffusion du film (un peu comme Pixar aujourd'hui qui passe un court-métrage avant le film). Le film représenté sur cette affiche est "Madame Miniver" (1942), production de prestige comme seule la MGM savait en faire à l'époque. "Madame Miniver" raconte la vie d'une famille anglaise pris dans la tourmente du Blitz pendant la guerre. Le succès à l'époque avait été phénoménal. Churchill  avait dit que "Sa propagande vaut bien plusieurs cuirassés" alors que Roosevelt déclara que ce film l'avait fait prendre la décision d'aider intensivement les anglais contre les nazis. Il fera même larguer des tracts sur les pays occupés contenant un discours extrait de ce film. Les Oscars feront honneur à ce film en lui décernant 7 récompenses dont celles du Meilleur Réalisateur (William Wyler), de la Meilleure Actrice (Greer Garson) et du Meilleur Film. Autant le film était très acclamé à sa sortie, autant aujourd'hui il est tombé dans un quasi-oubli. Lequel de son succès à l'époque ou de son oubli aujourd'hui est le plus mérité, votre serviteur est incapable de le savoir puisque malgré ses efforts il n'a pas encore réussi à voir ce film.

Dumb-Hounded (sorti 20 mars 1943)

"Dumb-Hounded" marque la première apparition de l'apathique Droopy dans un dessin animé

Synopsis : Le Loup s'évade de la prison de Swing-Swing. Tous les chiens sont lancés à ses trousses en particulier le nonchalant Droopy. N'importe où le Loup va se cacher, Droopy on ne sait comment y sera...

Critique : Ce troisième dessin animé chez la MGM est absolument à marquer d'une pierre blanche puisqu'elle marque la première apparition du lymphatique chien Droopy. Grâce à lui, le dessin animé n'est pas que drôle sur le plan visuel mais aussi sur celui des dialogues. Sa présentation lors de sa première apparition est à mourir de rire : "Hello, all you happy people. You know what? I'm the hero.". C'est aussi là qu'on entend pour la première fois deux autres de ses répliques cultes : "Peek-a-boo" et son fameux "I'm Happy". Ce qui ne veut pas dire que le personnage du Loup soit pour autant négliger. Car avec lui, la logique averyenne va exploser comme jamais. Il fait peu de cas de la distance géographique faisant notamment la distance Hollywood-Pôle Nord en quelques secondes, les lois de la gravité sont inexistantes car on voit un croquemort prendre tranquillement les mesures du Loup pendant que ce dernier chute du haut d'un gratte-ciel. Quand à la logique tout court, elle en prend un sacré coup puisque que le canidé va même un moment jusqu'à sortir de la pellicule et que Droopy s'arrange pour être dans chaque endroit où le Loup tente de se planquer même le Pôle Nord. Porté par deux personnages géniaux et par un délire inventif constant, "Dumb-Hounded" est un véritable joyau.

Note : *****

Lien pour voir le film : http://www.youtube.com/watch?v=ghG0lWxRABM

Une petite anecdote pour finir : En fait, Droopy a été inspiré par un autre personnage que Tex Avery avait crée, en collaboration avec Bob Clampett et Friz Freleng, en 1941 lorsqu'il était à la Warner Bros : Cecil Turtle. Il a plusieurs points communs avec Droopy, notamment la lenteur et la malice.

Il n'est apparu en tout que dans trois cartoons, tous avec Bugs Bunny comme partenaire.

    Red Hot Riding Hood (sorti le 8 mai 1943)

La très sexy Girl fait sa première apparition dans ce dessin animé en y jouant le rôle du Petit Chaperon Rouge

Synopsis : Il était une fois le Petit Chaperon Rouge qui apportait un panier de friandises à sa gentille Mère-Grand. Mais elle traverse une forêt où rode le Grand Méchant Loup... Ca suffit, les acteurs en ont marre de jouer à chaque fois la même histoire et s'en plaignent. On accède à leurs requêtes. L'action se passe à Hollywood. Le Loup très élégant n'a plus un appétit stomacal mais celui d'un tout autre ordre. La gentille Mère-Grand est une nymphomane en puissance et le Petit Chaperon Rouge une véritable bombe sexuelle. Voilà le délire peut enfin commencer... 
 



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