Les Aventuriers de l'Arche perdue (1981) de Steven Spielberg

Publié le par Plume231

Est-il besoin de présenter le premier volet des aventures d'un des héros de cinéma les plus célèbres de tous les temps ? Non, car les fans les plus acharnés connaissent par coeur les quatre films de la saga que ce soit sur le plan de l'histoire, des anecdotes et même des erreurs de tournage. Si on peut légitimement discuter sur le fait que le troisième volet avec un Sean Connery déchaîné soit ou non meilleur que le premier, ce n'est pas le cas du second, trop violent, ni du quatrième, trop répétitif. En tous les cas, une chose qui est sûre "Les Aventuriers de l'Arche perdue" qui est un des films qui répond le mieux au terme de "divertissement" dans le meilleur sens du terme.

Je pense pas qu'il soit nécessaire de présenter le sujet d'un des films les plus célèbres de l'Histoire du cinéma. Mais bon pour les rares personnes à ne pas connaître ce film, voici : 1936 : professeur d'archéologie dans le civil et aventurier à ses heures perdues, Indiana Jones (Harrison Ford) est mandaté par le FBI pour tenter de retrouver l'Arche d'alliance, relique aux pouvoirs magiques qui aurait contenu les tables de la Loi données à Moïse sur le mont Sinaï, et dont Hitler cherche à s'emparer...

Les anecdotes autour du tournage du film sont tellement nombreuses qu'il aurait de quoi largement remplir une encyclopédie en trois volumes. Le mieux c'est de commencer par le commencement. En 1977, George Lucas rassuré sur le fait que "La Guerre des étoiles", qui vient de sortir en salles, va être un énorme succès se rend en vacances à Hawaï. Steven Spielberg lui rassuré par celui de celui de son film "Rencontres du troisième type" ne tarde pas à le rejoindre. Alors qu'ils sont tous les deux sur une plage en train de faire un château de sable, Lucas demande alors à Spielberg ses prochains projets de film. Ce dernier lui répond alors qu'il compte réaliser un James Bond. Lucas lui explique alors que seul les réalisateurs d'une nationalité venant du Commonwealth peut en réaliser un et propose alors un projet qu'il a mûri depuis longtemps à propos d'un personnage qu'il a crée un certain Indiana Jones. Après leurs voyages, les deux réalisateurs, avec l'aide de Laurence Kasdan s'attèlent à l'écriture du script d'après une histoire écrite préalablement par Philip Kaufman.

Pour Steven Spielberg, un seul acteur peut incarner l'aventurier : Harrison Ford. Mais George Lucas qui avait dirigé l'acteur dans ses deux films, "American Graffiti" (1973) et "La Guerre des étoiles" (1977), trouvait qu'il l'avait suffisamment employé et ne voulait pas l'utiliser une nouvelle fois. Le réalisateur de "La Guerre des étoiles" pense lui à Tom Selleck. Mais l'indisponibilité de l'acteur à cause du tournage de la série "Magnum" le pousse à refuser le rôle. Alors les noms de Nick Nolte, Steve Martin, Bill Murray, Chevy Chase, Tim Matheson, Nick Mancuso, Peter Coyote, Jeff Bridges et même de Jack Nicholson sont évoqués. Mais chacun refuse la proposition soit pour une raison d'emploi du temps, soit tout simplement parce que le rôle ne les intéresse pas. Finalement, George Lucas consent à prendre Harrison Ford trois semaines seulement avant le début du tournage. Pour celui de Marion Ravenwood, le producteur et le réalisateur pensent aux noms d'Amy Irving (la future première Mme Spielberg), Debra Winger et de Sean Young avant de choisir Karen Allen. Steven Spielberg pensera tout naturellement à un acteur étranger pour le rôle de l'ignoble René Belloq, tout d'abord au comédien italien Giancarlo Giannini puis ensuite au français Jacques Dutronc. Mais le problème c'est qu'aucun des deux comédiens ne sentaient très à l'aise avec la langue de Shakespeare et durent refuser l'offre. Son choix final se portera sur l'acteur britannique Paul Freeman. Enfin, pour celui de Sallah, Danny De Vito se montre enthousiaste auprès du réalisateur des "Dents de la mer" pour le jouer mais dut y renoncer pris par le tournage d'une série télévisée. John Rhys-Davies aura le rôle.

Le choix du casting terminé, le tournage du film va pouvoir enfin commencer. Il va se dérouler en France à la Rochelle (pour les scènes de la caverne souterraine du sous-marin), à Hawaï pour les extérieurs de la scène d'ouverture (sur les lieux mêmes où Tom Selleck tournera peu de temps après un épisode de "Magnum" ou il parodie le célèbre aventurier), en Californie pour les extérieurs de la maison d'Indiana, en Tunisie notamment à Sidi Bouhlel où George Lucas avait déjà tourné les extérieurs de "Star Wars" (1977). Bien sûr, le tournage ne vas pas se dérouler sans accroc en particulier en Tunisie où la nourriture locale va rendre très vite malade l'équipe du film à l'exception de Spielberg qui a eu la précaution de faire venir pour lui des conserves et des spaghettis d'Angleterre. Ce qui va occasionner une des scènes cultes du film. Harrison Ford, au lieu de jouer une longue scène de combat comme prévue, demande à Spielberg de la raccourcir. Le réalisateur en rigolant lui propose alors de sortir son arme et de tirer directement. Ce que fait immédiatement Harrison Ford pressé d'en finir et d'aller aux toilettes. Bien qu'ayant trois cascadeurs pour lui servir de doublure, l'acteur voudra faire plusieurs de ses cascades lui-même ce qui lui occassionera de nombreuses blessures. Le tournage en Tunisie sera tellement insupportable que le réalisateur va tourner le plus rapidement possible pour en finir au plus vite. Au lieu des six semaines prévues, le tournage s'y déroulera en seulement quatre semaines et demie. Mais avant le tournage en Tunisie, la majeure partie du film a été dirigée en Angleterre en très grande partie aux Studios EMI-Elstree sur une durée de 10 mois. La séquence de serpents ne sera pas sans difficultés à filmer. Premièrement parce qu'il est impossible de trouver le nombre impressionnant de serpents que Spielberg souhaite pour cette scène malgré le fait que toutes les animaleries locales ont été vidées. Finalement, quelques bouts de tuyau ingénieusements placées réussiront à donner l'illusion. Mais les problèmes ne sont pas finis pour autant car la chaleur de la torche que tient le célèbre aventurier au lieu d'éloigner les serpents comme cela aurait dû se passer naturellement les rapprochent au contraire, cherchant à se réchauffer à cause de la température frigorifique qui règne sur le plateau de tournage. Ceci n'est qu'un tout petit aperçu des anecdotes qui ont émaillé ce tournage.

Ce film sera l'occasion pour Spielberg (et aussi pour Lucas) de rendre hommage aux grands maîtres tels que Raoul Walsh, Michael Curtiz ou encore John Ford dont les oeuvres ont marqué son enfance. Des cinéastes qui ont réalisé en grande partie des films d'aventure rapide, ne laissant aucune place aux temps morts, et incroyablement divertissant. Ainsi la scène où Indiana Jones se fait tirer par un camion est un clin d'oeil à une séquence similaire de "La Chevauchée fantastique" (1939) de John Ford, et Harrison Ford n'hésite pas à parodier souvent le rictus ironique d'Humphrey Bogart. Mais l'oeuvre de Spielberg rend hommage aussi à des oeuvres plus "mûres". La scène de l'ouverture de l'Arche d'alliance (dont le bruit a été obtenu par l'ingénieur du son Ben Burtt en soulevant le couvercle de sa chasse d'eau) n'est pas sans rappeler celle de la "Boîte de Pandore" dans l'apocalyptique film noir de Robert Aldrich "En quatrième vitesse" (1955) et le final semble tout droit sorti du chef d'oeuvre d'Orson Welles "Citizen Kane" (1941) (qui est un des films favoris de Spielberg). George Lucas et Steven Spielberg n'ont pas manqué de se rendre hommage aussi. Tout le monde connaît le moment du film où C3PO et R2D2 apparaissent en hiéroglyphe. Un peu moins celui où Spielberg fait à deux reprises référence à son film précédent "1941" (1979) : le moment où Toht sort de sa veste ce qui semble être un instrument de torture pour finalement le transformer en cintre et celui où Indy donne des coups de poing près d'un avion en marche. Il est difficile de ne pas mentionner aussi l'influence des comics principalement ceux de l'univers de Carl Barks, la scène de la boule géante s'inspire directement d'une aventure de Picsou.

Nommé dans huit catégories aux Oscars de 1982 dont celle de Meilleur Réalisateur, "Les Aventuriers de l'Arche perdue" en remportera quatre : Meilleure Direction Artistique, Meilleur Son, Meilleur Montage et Meilleurs Effets Spéciaux plus un cinquième spécial pour les Effets Sonores. Mais ce n'est rien à côté de l'accueil triomphal et planétaire que fera le public à ce film. Si les producteurs de la Paramount étaient inquiets que le budget de ce qui initialement devait être un petit film d'aventures ait triplé, ils seront vite rassurés quand ils verront les recettes du film grimpés rapidement. Pour une mise de départ de 22 millions de dollars, le film en rapportera environ vingt fois plus ce qui en fait le plus gros succès commercial de l'année 1981.

Ce qui fait en grande partie le charme de ce film mythique, c'est son personnage. Muni de ses accessoires légendaires, une veste en cuir, un chapeau Fedora de couleur brune et un fouet accroché à sa ceinture,  on ne se fatigue pas de le suivre car bien sûr il vit des aventures existantes mais aussi parce qu'il n'est pas lisse. Contrairement aux héros antérieurs de cinéma de l'Âge d'or hollywoodien qui s'en sortent généralement sans une égratignure et le brushing toujours impeccable, Indiana lui se blesse, se casse souvent la gueule. A des points faibles et des peurs (en particulier celle des serpents!), tout en restant courageux et téméraire il est faillible. Et c'est pour cela qu'on ne peut que l'aimer surtout quand il est personnifié par un acteur aussi charismatique qu'Harrison Ford. Vous ajoutez à cela des rebondissements à profusion qui donne lieu à un nombre considérable de scènes cultes sur un rythme à 100 à l'heure, la beauté des effets spéciaux dignes de ceux d'un film de Cecil B. DeMille et un thème musical plus-que-mémorable de Monsieur John Williams sans parler de l'efficacité de la réalisation de Steven Spielberg, et vous obtenez une oeuvre définitivement culte, un des meilleurs films d'aventure réalisés et surtout un immense chef d'oeuvre qu'on se fatiguera jamais de voir et de revoir.   



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