Autant en emporte le vent (1939) de Victor Fleming

Publié le par Plume231

1937, le roman de Margaret Mitchell "Autant en emporte le vent" est un triomphe littéraire. Le nombre d'exemplaires vendus explose et l'écrivaine remporte le très convoité Prix Pulitzer du Roman. Alors naturellement il serait inconcevable, voir même impossible, que Hollywood ne soit intéressé d'adapter une oeuvre suceptible de leur rapporter de l'argent. Mais voilà, ce roman fait pas moins plus de 1 000 pages, comprend un nombre gargantuesque de personnages et il est inutile de préciser qu'il se passe dans un contexte historique. Ce qui signifie en gros que la préparation et la réalisation d'un tel projet nécessitent beaucoup de temps, d'énergie et inévitablement beaucoup beaucoup beaucoup d'argent. Et à Hollywood comme ailleurs, on aime bien gagner de l'argent mais pas en perdre surtout que depuis le succès de "Naissance d'une nation" (1915) aucun film se déroulant pendant la Guerre de Secession n'a marché auprès du public. Il n'est donc pas étonnant que devant l'ampleur gigantesque d'un tel projet les grands studios de l'époque se refilent tour à tour le "bébé". Ce dernier serait certainement resté à prendre la poussière au fond d'un tiroir sans l'obstination incroyable et l'optimisme forcené d'un seul homme : David O'Selznick.

Le Domaine de "Tara" et Scarlett O'Hara (Vivien Leigh) dans "Autant en emporte le vent" (1939) 

1861, l'ombre de la guerre commence sérieusement à se profiler mais pourtant c'est l'insouciance qui règne dans la magnifique propriété sudiste de "Tara". Enfin pas tout à fait car la jeune fille du maître des lieux, la belle et impétieuse Scarlett O'Hara (Vivien Leigh), bien que courtisée par tous les beaux partis du pays n'a de yeux que pour Ashley Wilkes (Leslie Howard). Mais ce dernier est amoureux de sa cousine, la douce et timide Melanie Hamilton (Olivia de Havilland), et compte bien l'épouser. Ce qui ne décourage nullement Scarlett qui compte lui faire changer d'avis lors d'une réception au "Douze Chênes", le domaine des Wilkes. C'est lors de cette dernière qu'un aventurier cynique et séducteur, Rhett Butler (Clark Gable), la croise et jette son dévolu sur elle...

David O'Selznick, le producteur audacieux sans qui ce film n'aurait certainement jamais vu le jour

Quand lui ait venu l'idée d'adapter le roman de Margaret Mitchell sur grand écran, David O'Selznick travaillait sous l'égide de la United Artist, pour laquelle il avait produit des films comme "Une Etoile est née" (1937) ou "La Joyeuse Suicidée" (1937). Cette dernière consent dans un premier temps à participer à la production du projet. Mais le refus de Gary Cooper de jouer le rôle principal, celui-ci allant même jusqu'à prédire que le film serait le plus grand flop de toute l'Histoire du cinéma, fait que le producteur se tourna alors vers la Warner Bros. Jack L. Warner accepte à son tour la proposition mais à la condition de prendre Errol Flynn et Bette Davis dans les rôles principaux. Condition que O'Selznick refusa voulant vraiment depuis le début Clark Gable dans le rôle principal. C'est alors qu'il se tourne vers la MGM, qui a la particularité d'être dirigé par Louis B. Mayer le beau-père de l'audacieux producteur. Les liens familiaux ayant peu d'importance dans les affaires, Mayer accepta de prêter 1 250 000 dollars à son gendre plus Clark Gable, alors sous contrat avec le studio au lion, contre 50% des bénéfices du film en plus des frais de distribution.  

Sidney Howard, le seul scénariste qui sera crédité au générique du film

Pour transformer le best-seller en oeuvre cinématographique, David O'Selznick s'entoure d'une armée de scénariste dont fait partie l'écrivain Francis Scott Fitzgerald, à qui on doit le célèbre roman "Gatsby le Magnifique". Fitzgerald sera d'ailleurs l'auteur d'un scénario dont seul l'intertitre concluant le générique du début sera au final retenu. Par la suite, David O'Selznick va faire appel au seul scénariste qui sera crédité au générique, le dramaturge Sidney Howard. Le monde du cinéma n'est pas étranger à ce dernier puisqu'on lui doit notamment le scénario du remarquable film de William Wyler "Dodsworth" (1936). Howard accepte la proposition d'O'Selznick à une seule condition, qu'il puisse y travailler dans sa ferme du Massachusetts. Le producteur y consent et le dramaturge lui fournit par la suite un scénario pour un film d'une durée de cinq heures et demie. O'Selznick lui demande alors de venir à Hollywood pour refaire le script avec l'aide de George Cukor, que le producteur vient de choisir comme réalisateur. Mais à ce moment-là, des problèmes sur un autre tournage, celui du "Prisonnier de Zenda" (1937), retient O'Selznick et Sidney Howard est contraint d'attendre cinq semaines pendant lesquels il participe à l'écriture de certaines scènes du "Prisonnier". Le script rédigé au final par le dramaturge et le producteur faisait quinze pages de plus que la première version d'Howard.

Il est à noter un point intéressant c'est qu'O'Selznick étant juif, et sachant inévitablement très bien ce que c'est d'être persécuté, avait donné l'ordre de réduire au maximum les éléments, hélàs nombreux dans le roman de Mitchell, suceptible de choquer la communauté noire. D'ailleurs Sidney Howard a rapporté une anecdote dans laquelle après la lecture de l'écriture d'une scène où le personnage de Frank Kennedy s'engage dans le Ku Klux Klan après que Scarlett O'Hara se soit fait agressé par des bandits, David O'Selznick lui dit qu'il n'avait pas envie de faire un second "Naissance d'une nation" (1915) (Film de David Wark Griffith considéré comme la première véritable oeuvre hollywoodienne mais hélàs surtout connu pour faire l'apologie du KKK et où les méchants sont noirs) et qu'il n'était pas question de leur faire de la publicité en pleine montée du facisme (on était alors en 1938).

Pendant le considérable travail d'écriture, David O'Selznick s'était attelé à une tâche aussi ardue : le choix des acteurs pour le casting et en particulier le choix de sa "Scarlett".

Le choix de Vivien Leigh :

La recherche de David O'Selznick pour trouver sa "Scarlett" est aussi légendaire que le film lui-même et a donné lieu au plus monumental coup de publicité de l'Histoire du cinéma. Selznick lance alors un grand casting national : 5 000 candidates ont postulé pour le rôle, 1 400 ont été sélectionnée, 400 ont été retenue pour faire une lecture et 90 pour passer des essais. Parmi ces dernières, on peut citer Jean Arthur, Lucille Ball, Tallulah Bankhead (qui aurait pu être la favorite pour le rôle car elle était née dans le Sud des Etats-Unis comme le personnage), Bette Davis, Claudette Colbert, Joan Crawford, Katharine Hepburn, Carole Lombard (qui était la future troisième Madame Clark Gable), Norma Shearer, Barbara Stanwyck, Margaret Sullavan, Louise Platt, Linda Watkins, Adèle Longmire, Haila Stoddard, Edythe Marriner (qui fera une brillante carrière par la suite sous le nom de Susan Hayward), Dorothy Mathews, Brenda Marshall, Anita Louise, Marguerite Tallichet, Frances Dee, Nancy Coleman, Marcella Martin, Joan Bennett, Joan Crawford, Frances Dee, Miriam Hopkins (qui était le choix initial pour le rôle mais qui a été au final jugée trop âgée), Ida Lupino, Joan Fontaine, Bette Davis, Greer Garson, Merle Oberon, Irene Dunne, Lana Turner, Loretta Young, Irene Dunne, Norma Shearer et Paulette Goddard. C'est cette dernière qui était la grande favorite et la seule à avoir tourné des tests en couleur à l'exception de Vivien Leigh. Mais le fait qu'elle a été incapable de fournir un justificatif de son mariage (inutile de préciser que l'Amérique était très très puritaine à l'époque) avec Charlie Chaplin lui aurait semble-t-il coûté le rôle.

C'est donc sans avoir d'actrice pour le rôle que le tournage commence avec George Cukor derrière la caméra. Quelques plans d'ensemble de la scène du bal et de celle de l'Incendie d'Atlanta sont tournés avec une doublure. C'est d'ailleurs pendant le tournage de l'incendie que le frère de David O'Selznick, imprésario, lui présente une jeune actrice anglaise pratiquement inconnu en-dehors de son pays, Vivien Leigh. Cette version très célèbre du choix de l'actrice serait peut-être fausse. En fait, David O'Selznick aurait déjà choisi depuis février 1938 l'actrice pour incarner le rôle et le casting national serait juste un gros coup de publicité qui a coûté la somme considérable d'un million de dollars. En tous les cas, que ce soit la première ou la seconde version qui soit exacte (ça on ne le saura jamais!), David O'Selznick a un immense coup de génie en organisant toute cette publicité attirant ainsi l'attention du public sur le film. 

Le choix de Clark Gable :

Le choix de Clark Gable s'avera beaucoup plus simple que celui de Vivien Leigh puisque c'était le premier acteur auquel Selznick ait pensé pour le rôle de Rhett Butler bien que Margaret Mitchell voulait Basil Rathbone et que les noms d'Errol Flynn, de Gary Cooper et de Ronald Colman ont été évoqué. Mais Gable était peu enclin à accepter ce rôle qui ne l'intéresse pas surtout après le mauvais souvenir du tournage d'un autre film en costumes "Parnell" (1937) qui avait été un échec cuisant au box-office. Mais sous la pression de la MGM, qui a une part très importante dans la production du film et avec laquelle il était sous contrat, de David O'Selznick et de la population américaine qui se refusait à voir un autre acteur dans ce rôle, Clark Gable y consentit finalement surtout après la promesse d'un bonus de 50 000 dollars qui lui permettrait de divorcer de sa seconde épouse et de se marier avec l'actrice Carole Lombard. Ce qui fait que l'acteur a touché 120 000 dollars en tout pour 71 jours de tournage alors que Vivien Leigh en avait touché 25 000 pour 125 jours. 

Le choix d'Olivia de Havilland :

Vers la fin novembre-début décembre 1938, Olivia de Havilland était en train de tourner "Les Conquérants" (1939) quand elle reçut un coup de téléphone de la part du cinéaste George Cukor. Il lui expliqua alors qu'il était en plein pré-production du film "Autant en emporte le vent" et lui demanda si elle serait intéressée par le rôle de Melanie Hamilton. L'actrice lui répondit, enthousiasmée, tout de suite par l'affirmative. Georges Cukor ne manqua de lui préciser immédiatement qu'étant donné qu'elle était sous contrat chez la Warner et qu'il est illégal de passer un test pour un autre studio, celui-ci doit être fait dans le plus grand secret. Il n'est pas étonnant qu'elle est due passer par une entrée privée. Une fois son test passé, Cukor l'accompagna immédiatement dans la résidence de David O'Selznick. Ce dernier lui fit à son tour passer un autre test où George Cukor se chargea lui-même de donner la réplique en Scarlett. Ensuite l'actrice assista à la projection de six tests d'autres actrices dont Anne Shirley qu'elle ne manqua de tous trouver meilleurs que le sien. C'est donc avec étonnement qu'elle entendit le producteur dire : "Je vais commencer par entrer en contact avec Jack Warner". Car le plus dur est loin d'être passé car il faut réussir à convaincre Jack L. Warner d'accepter de prêter une de ses stars. Et il va se montrer particulièrement acharné à refuser de prêter Olivia de Havilland malgré toutes les supplications de l'actrice. De Havilland, désespérée, demandit à la femme de Warner de l'aider à convaincre son mari. Ce qu'elle va réussir à faire. Ceci ainsi qu'une discussion entre Selznick et Warner, le premier promettant notamment au second de prêter James Stewart pour un film, firent qu'Olivia de Havilland a finalement réussi à obtenir le rôle.

Le choix de Leslie Howard :

 

Le choix de Leslie Howard pour le rôle d'Ashley Wilkes s'avéra de loin le plus des quatre rôles principaux même si l'acteur Melvyn Douglas était aussi en lice pour le rôle. Howard se trouvait trop vieux pour jouer le personnage mais la pose de prothèse pour lui faire paraître plus jeune ainsi qu'un cachet d'un montant conséquent (il a été l'acteur le mieux payé du film après Clark Gable) le poussa à accepter le rôle.

L'incendie d'Atlanta, la première scène tournée du film

Le 10 décembre 1938, les habitants de Los Angeles sont intrigués par une lueur rougeâtre qui surmonte les collines d'Hollywood. Le standard des pompiers explose sous les coups de téléphone disant qu'il y a un incendie dans les studios de la MGM. Ce qui n'est pas faux puisque les décors devenus inutiles de "King Kong" (1933) et du "Jardin d'Allah" (1936) sont en train de brûler. Autour d'eux, un groupe de techniciens derrière toutes les caméras Technicolor existantes, devant un cheval, un chariot et deux doublures, et bien sûr une rangée de camions de pompiers toutes près à intervenir. C'est le début d'un tournage aussi épique que le film lui-même qui va s'étaler sur plus de 125 jours.

De gauche à droite : George Cukor, Victor Fleming et Sam Wood, les trois réalisateurs du film

Si l'entente entre le réalisateur George Cukor et les actrices Vivien Leigh et Olivia de Havilland était excellente, c'était loin d'être le cas avec Clark Gable qui reproche au réalisateur, réputé comme étant le plus grand directeur d'actrices, de ne pas assez s'occuper de lui. Il obtint gain de cause auprès de David O. Selznick qui accepta de renvoyer le cinéaste au bout de quelques jours aux grands désespoirs de Vivien Leigh et d'Olivia de Havilland. En fait, il y a deux autres raisons qui expliquerait la raison du renvoi de Cukor. La première viendrait aussi de Clark Gable qui était embarassé de côtoyer une personne homosexuelle qui fréquentait les milieux gays d'Hollywood. Et qui donc savait inévitablement que l'acteur avait dû coucher avec des producteurs homosexuels pour décrocher des rôles au début de sa carrière. La seconde n'aurait rien à voir du tout avec Gable. Selznick n'était pas satisfait des scènes tournées par Cukor, qu'il trouvait en plus trop lent, et n'en aurait au final gardé que la moitié. On peut compter parmi les scènes qu'il réalisa le retour de Mme O'Hara à la maison, la prière du soir à Tara, la préparation de Scarlett et Mammy pour le barbecue, Scarlett en robe de veuve qui essaye un nouveau chapeau et bien évidemment l'incendie d'Atlanta. Clark Gable imposa alors Victor Fleming, à qui on devait la même année une partie du "Magicien d'Oz" (1939), l'antithèse de George Cukor. Cukor était un homme de théâtre fin et cultivé alors que Fleming était un véritable homme d'action aux manières assez brusques mais au talent indéniable.

Vivien Leigh, Clark Gable et Victor Fleming (celui qui porte des lunettes) sur le tournage

Déjà que ses rapports avec Clark Gable et Leslie Howard étaient plutôt tièdes et qu'elle était stressée par l'ampleur du tournage (elle fumait quatre paquets de cigarette par jour), Vivien Leigh ne s'ententit pas du tout avec le nouveau réalisateur. Sans parler que pour conserver son image de fille prude, la production lui interdisait de voir son petit ami et futur époux, Laurence Olivier. Elle devait donc user de divers stratagèmes pour réussir à le voir. Et pourtant le tournage avança assez vite. Mais sous le poids d'un travail énorme et la pression constante d'un David O. Selznick qui veillait avec une quasi-tyrannie au moindre détail de mise en scène, Victor Fleming s'écroula d'épuisement le 27 avril 1939. Il fut remplacé par Sam Wood, cinéaste à qui on doit un des deux chefs d'oeuvre des Marx Brothers "Une Nuit à l'Opéra". Victor Fleming reprit le tournage 20 jours plus tard mais cette fois aidée par deux autres équipes, une dirigée par Sam Wood et l'autre par le chef décorateur du film, William Cameron Menzies. Selznick aura aussi des problèmes avec la censure pour la dernière réplique du film, "Frankly my dear... I don't give a damn", qu'elle trouve trop choquante. Mais 5 000 dollars les feront changés d'avis.

Photo extraite de la bande-annonce du film qui sera utilisée comme générique de début lors de la première projection-test

Alors que Max Steiner n'a pas encore finit de composer la musique (elle sera remplacée par celle du "Prisonnier de Zenda" (1937)) et que le générique de début n'est pas encore tourné (un long plan tourné rapidement où on voit une main de femme tournée les pages d'un livre représentant des images bucoliques sudistes avec le générique inscrit dessus qui servira de bande annonce au film sera mis à la place), la première projection-test a eu lieu le 9 Septembre 1939 au Fox Theatre à Riverside, en Californie. David O. Selznick, sa femme Irene Mayer Selznick, l'investisseur John Hay Whitney et le monteur Hal C. Kern étaient présents. Kern appelle alors le directeur du cinéma et lui explique que son établissement a été choisi pour la première projection publique d'"Autant en emporte le vent" (1939) et qu'il ne doit divulguer le titre du film aux spectateurs jusqu'à ce qu'il commence. Les gens, qui sortaient alors d'une projection de "Beau Geste" (1939), qui souhaitaient quitter le cinéma était autorisés à le faire sans savoir quel film allait passer. Le cinéma devait être scellée sans réadmissions et aucun appel téléphonique n'était autorisé. Le gérant était réticent, mais finit par accepter. Sa seule demande a été d'appeler sa femme de venir le rejoindre tout de suite au cinéma. Kern accepta à la condition qu'il ne lui divulgue pas le titre du film. Le monteur est même rester près du téléphone pour être sûr que le secret soit maintenu. Quand le film a enfin commencé, le public s'est mis à hurler avec enthousiasme montrant son impatience de voir un film dont il suivait toutes les étapes de production depuis près de 2 ans. Selznick sait alors que son film aura un immense succès.

La première monumentale du film le 15 décembre 1939 à Atlanta

C'était devant une foule immense de 300 000 personnes qu'a eu lieu la monumentale première du film organisé pour l'occasion à Atlanta, la ville de Scarlett, le 15 décembre 1939. Un avion a déposé Vivien Leigh (accompagnée de son époux Laurence Olivier), Clark Gable (accompagné de sa troisième épouse Carole Lombard), Olivia de Havilland, David O. Selznick et Margaret Mitchell accueillit par le gouverneur de l'état. Ensuite c'était une longue parade de limousines portant les célébrités du film à travers la foule jusqu'au lieu de la projection qui se déroula. Celle-ci, dont le nombre de places étaient limités et à un prix assez conséquent, ne manqua pas de faire un triomphe. D'autres événements étaient organisés autour de cela, la présentation des derniers survivants soldats confédérés de la Guerre de Secession et quelques bals dont un de cotillons. Les festivités dureront en tout trois jours. Seul ombre à ce magnifique grand événement mais elle est très conséquente, à cause des lois ségrégationnistes en vigueur Hattie McDaniel, l'actrice noire qui joue "Mammy" la nounou de Scarlett, n'a pas été autorisé à assister à la première. Pour ne pas embarrasser David O. Selznick, l'actrice prétentit qu'elle n'était pas de toute façon libre ce jour-là et convainquit Clark Gable, qui menaçait de boycotter l'événement à cause de cela, d'y aller. L'Académie des Oscars arrivera en petite partie à rattraper cette bourde qui montrait que le racisme était fortement omniprésent à l'époque aux Etats-Unis, en particulier dans le Sud. 

Vivien Leigh et Clark Gable forment ce qui est sans conteste le couple le plus légendaire du Septième Art

1939 est sans aucun doute la plus grande année pour le cinéma américain. Jamais autant de classiques n'étaient sortis et ne sortiront dans une même année. Donc en dépit du fait que des grands films comme "Femmes" (film au casting exclusivement composé de femmes que George Cukor réalisa après son renvoi d'"Autant en emporte le vent"), "Gunga Din" (le plus grand succès de l'année après "Autant en emporte le vent"), "Le Chevauchée fantastique" (film qui allait changer la face du western), "Les Anges aux figures sales", "Les Hauts du Hurlevent", "Goodbye Mr. Chips", "Beau Geste", "Confessions d'un espion nazi" (premier film foncièrement anti-nazi tourné à Hollywood) et "Les Conquérants" et bien sûr quelques chefs d'oeuvre comme "Seuls les anges ont des ailes", "Ninotchka", "Le Magicien d'Oz" (autre film de Victor Fleming), "Monsieur Smith au sénat" et "Vers sa destinée" soient sortis la même année, "Autant en emporte le vent" a écrasé tout sur son passage attirant les spectateurs en masse, les recettes ont explosé et le film finira sa course après des très nombreux mois d'exploitation en ayant atteint la tête du box-office américain (il y est toujours d'ailleurs). Aujourd'hui, avec il est vrai l'aide de quelques ressortis, le film aurait rapporté en tenant compte de l'inflation près de 14 milliards de dollars en tout. En bref, un record qui n'est pas près d'être battu. Seconde Guerre Mondiale oblige, certains pays ne verront sur leurs écrans le film que quelques années plus tard. Ainsi sa première sortie en France aura lieu en 1950 et comme dans les autres pays, il y fera un triomphe.

David O. Selznick et Vivien Leigh posant pour les photographes avec l'Oscar du Meilleur Film

Hattie McDaniel, la première personne noire a avoir été nommé et a avoir remporté un Oscar de l'Histoire

Ce n'est donc pas étonnant que le film ait un fait une véritable razzia à la Cérémonie des Oscars 1939 qui s'était déroulé le 29 février 1940. Mais ceci dans une drôle d'ambiance car le "Los Angeles Times" avait annoncé la liste des gagnants dans son édition de 20:45 soit avant la Cérémonie. C'est donc tout en toute connaissance de cause que l'équipe du film vint à la cérémonie. Vivien Leigh savait qu'elle avait gagné de quelques voix sur Bette Davis, que Clark Gable avait perdu face à Robert Donat pour son rôle dans "Goodbye Mister Chips" (1939), qu'Olivia de Havilland dans la catégorie Meilleur Second Rôle Féminin avait perdu face à une de ses partenaires, Hattie McDaniel en faisant ainsi la première personne noire a être nommée et a être gagnante à un Oscar. Victor Fleming, le seul des trois réalisateurs crédité au générique, savait donc aussi qu'il avait la statuette du Meilleur Réalisateur et David O. Selznick celle du Meilleur Film. Nommé dans 13 catégories, le film en remportera 8 plus deux autres spéciaux, l'une comme récompense "scientifique ou technique collective pour d'importantes contributions en faveur du développement de nouveaux matériels et procédés d'éclairage" et l'autre pour le chef décorateur William Cameron Menzies pour son remarquable travail technique. Une petite ombre vint aussi se glisser dans tout ce bonheur. Sidney Howard, qui avait remporté l'Oscar du Meilleur Scénario Adapté, est la première personne de l'Histoire a l'avoir gagné à titre posthume. Il était décédé quelques mois plus tôt dans un accident de ferme. Cette soirée fait qu'"Autant en emporte le vent" est le premier film en couleurs a avoir été récompensé par l'Oscar du Meilleur Film et aujourd'hui il détient toujours le record du film le plus long a avoir obtenu cette statuette. 

Qu'est que c'est au fait "Autant en emporte le vent" ? Un film culte ? Une oeuvre légendaire ? Un chef d'oeuvre absolu ? Un classique dont le temps ne semble pas du tout avoir de prise dessus ? Le plus grand film d'amour jamais tourné ? La suprématie définitive d'Hollywood sur le cinéma mondial ? Un monument du Septième Art ? En fait, il est tout cela à la fois. Aucun film ne peut se targuer d'être aussi célèbre. Tout est splendide, les décors, les costumes, le Technicolor créant ainsi des images plus-que-mémorables et d'une beauté à couper le souffle, l'histoire qui malgré qu'elle dure quatre heures ne laisse aucun répit au spectateur, les rebondissements se suivant aussitôt les uns et après les autres, le tout porté par un souffle épique unique et magnifié par la sublime musique de Max Steiner. Les personnages légendaires auquels on s'attache sans mal et qui donnent l'impression qu'on les connait depuis longtemps ne peuvent que restés définitivement ancrés dans notre esprit bien longtemps après la vision du film. Les acteurs sont tous exceptionnels que ce soit Olivia de Havilland qui réussit parfaitement l'exploit de rendre touchante et consistante une Melanie Hamilton qui dans les mains d'une actrice moins talentueuse aurait pu facilement virer dans la mièvrerie, et bien sûr Clark Gable, élégance et sourire moqueur est l'interprète parfait du flegmatique et caustique Rhett Butler, absolument personne d'autre n'aurait réussi à mieux l'incarner que lui et on ne peut que dire la même chose à propos Vivien Leigh, dont la grande beauté, l'immense talent et le tempérament de feu font que c'est définitivement la seule à pouvoir personnifier Scarlett O'Hara. Quelques séquences mythiques (l'incendie d'Atlanta, la montée de l'escalier vers des voluptés de plaisir, la fin ouverte,...) achèvent de rendre l'ensemble inégalable.

On ne peut que remercier David O. Selznick d'avoir usé une armée de scénaristes et trois réalisateurs pour nous gratifier du plus grand film de tous les temps qui symbolise à merveille le passage à l'insouciance au cynisme. Car "Autant en emporte le vent" symbolise la fin d'un monde comme ce sera le cas dans la réalité avec la Seconde Guerre Mondiale. Comme celui de Scarlett mais à grande échelle, le Monde ne sera plus jamais comme avant. Ce qui donne une consonance particulière à ce film sorti peu de temps après le début de guerre. Ceci ne fait qu'ajouter à la valeur inestimable de ce joyau. Et quoi qu'il en soit le vent n'est pas près de finir de souffler... 



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